Les maladies Auto-immunes

Le Bearded Collie est une race robuste qui a une bonne longévité. Les principales causes de mortalité sont dans l’ordre : les accidents, les cancers et enfin les maladies auto-immunes.

Celles-ci ont toujours existé dans la race mais on ne savait pas les identifier. On parlait simplement de problèmes de foie, de reins… Leur dissémination dans la race a été facilitée par les méthodes courantes d’élevage en consanguinité et l’utilisation abusive des étalons populaires, qui ont dans les faits diminué une variabilité génétique déjà bien limitée au départ.

 

MALADIE D’ADDISON

Parmi les maladies auto-immunes, la plus tôt identifiée et l’une des plus dangereuses pour la vie du chien en l’absence de traitement est la maladie d’Addison, un dysfonctionnement des glandes surrénales.

Elle est plus courante chez les femelles et son âge moyen d’apparition est cinq ans, cinq ans et demie, à l’âge où le chien a souvent déjà reproduit.

C’est une maladie chronique qui se révèle lors de crises, les premiers symptômes sont vagues, intermittents et souvent attribués à une autre cause, comme une indigestion, un excès d’exercice.

Ce sont apathie, faiblesse, vomissements, diarrhée, ou manque d’appétit, traités symptomatiquement par le vétérinaire.

Avec le temps, on remarque que ces épisodes sont causés par un stress et il est alors nécessaire de faire des prélèvements sanguins pour établir un diagnostic.

Si le bon traitement par stéroïdes n’est pas instauré, un chien qui est arrivé au stade critique de la maladie peut mourir rapidement d’un collapsus circulatoire.

Avec un traitement adapté le chien peut avoir une vie raisonnablement normale.

 

AIHA

Anémie hémolytique auto-immune.

C’est une maladie grave dans laquelle le système immunitaire du chien provoque la destruction des globules rouges nommés érythrocytes, rendant le chien anémique.

L’âge d’apparition se situe entre deux et huit ans et est quatre fois plus fréquente chez les femelles. D’autres causes d’anémie peuvent être des infections, des drogues, des toxines. Elles doivent être exclues avant de conclure que l’anémie hémolytique est d’origine auto-immune.

Les signes cliniques qui vont en s’aggravant sont : léthargie, faiblesse et dépression. Suivis d’anorexie, muqueuses décolorées, ictère ou jaunisse, coloration jaunâtre des yeux et de la peau.

Urines foncées dues à un excès de Bilirubine, pouls rapide et difficultés respiratoires conduisent ensuite à une anémie sévère qui non traitée peut entraîner un arrêt cardiaque. À la palpation la rate et le foie sont enflés. L’analyse sanguine confirmera l’origine de l’anémie. Le traitement est destiné à stopper la destruction des globules rouges grâce à des corticostéroïdes et des immunosuppresseurs. En cas d’anémie sévère ont recourt à des transfusions sanguines, parfois à l’ablation de la rate. Le pronostic est réservé car il y a un risque de complications et la mortalité peut atteindre 40 %.

Un traitement à vie peut être indiqué et des rechutes sont possibles.

Il ne faut évidemment pas reproduire avec des chiens affectés et éviter de le faire avec leurs descendants ou parents proches comme pour toutes les maladies auto-immunes.

 

SLO

Onchodystrophie Lupoïde Symétrique.

Age d’apparition de 2 à 6 ans. Maladie auto-immune peut être actuellement la plus fréquente chez le Bearded Collie. Elle se manifeste par des problèmes d’ongles chez de jeunes chiens en bonne santé, les ongles se fendent et s’effritent et parfois tombent. Il y a parfois une surinfection, dans les cas sévères tous les ongles peuvent tomber.

Les signes qui doivent alerter sont des pertes d’ongles, le léchage, l’inflammation à la base des ongles, les boiteries, les infections. Comme pour les autres maladies auto-immunes le chien produit des anticorps contre ses propres ongles, provoquant le rejet.

Le diagnostic peut être fait cliniquement sans biopsie handicapante. La SLO est sans doute plus commune qu’on ne le croit, par le passé elle était mal diagnostiquée est passe parfois même inaperçue, car asymptomatique. Le traitement consiste à diminuer la gêne en soignant les ongles. Une complémentation en acides gras et un traitement antibiotique (tétracycline et niacinamide) pendant quelques mois amènera une rémission. Une supplémentation en acides gras a vie évitera les rechutes, surtout en période de stress. Les stéroïdes sont moins efficaces que pour d’autres maladies auto-immunes mais peuvent être essayés en cas d’échec du traitement classique. Certaines formes résistent à tout traitement.

Il est admis que les chiens affectés ne devraient plus être utilisés. Les avis sont moins définitifs pour les ancêtres ou les collatéraux, mais la prudence est de mise.

De toute manière, la maternité est un facteur de stress qui prédispose à beaucoup de maladies auto-immunes.

 

Hypothyroïdisme d’origine auto-immune.

L’hypothyroïdisme est dû à un mauvais fonctionnement de la thyroïde et 95 % des cas chez les chiens sont dus à l’autodestruction de la thyroïde par des anticorps inhibant la production de l’hormone T4.

La maladie apparaît généralement entre 4 et 10 ans - il ne semble pas y avoir une prédisposition par sexe mais les femelles stérilisées semblent plus touchées.

La thyroïde contrôle le système énergétique et le métabolisme. Le chien peut présenter des signes de léthargie, d’apathie, d’intolérance à l’exercice et de prise de poids sans augmentation de l’appétit.

Il y a parfois, dans les cas sévères, difficulté à maintenir la température corporelle, le chien recherche les sources de chaleur. Le poil se raréfie et la peau devient plus délicate et sèche.

Pour diagnostiquer la maladie, une batterie de tests sanguins est nécessaire, sans se contenter d’un traitement empirique à la thyroxine en cas de perte des poils. Le traitement est destiné à ajuster la quantité de thyroxine à administrer afin d’obtenir un niveau d'hormones T4 et TSH normal.

Des prises de sang fréquentes sont nécessaires au début, puis tous les ans pour s’assurer que les niveaux hormonaux restent constants, des ajustements peuvent être nécessaires.

 

PTI

Purpura thrombopénique idiopathique

Idiopathique signifie sans cause connue. Reconnue d’origine auto-immune c’est une maladie du sang causée par un faible taux de plaquettes.

Le système immunitaire produit des anticorps contre les plaquettes. Les plaquettes sont produites par la fragmentation des Mégacaryocytes de la moelle osseuse et envoyées dans le système circulatoire. Leur durée de vie y est d’une douzaine de jours, puis des cellules macrophage les éliminent.

La PTI est une maladie qui accélère la destruction des plaquettes par les anticorps, essentiellement dans la rate, mais aussi le foie.

Si un grand nombre de plaquettes sont détruites l’animal présentera des bleus et des saignements. Comme pour la plupart des maladies auto-immunes les femelles semblent plus affectées, surtout si elles sont d’âge moyen est stérilisées. Il y a plusieurs causes à la thrombopénique qui doivent être recherchées avant de considérer que l’origine en soit auto-immune. En effet la toxicité de certaines drogues, des infections, l’hépatite chronique, la leucémie myéloïde, certaines tumeurs, peuvent causer une réduction du nombre de plaquettes. Il peut être difficile de déterminer une cause spécifique. Dans les cas bénins le chien peut présenter léthargie, faiblesses, saignements de nez. La peau et les muqueuses peuvent présenter des pétéchies, petites taches bleues. Un chien plus sérieusement atteint aura des saignements plus importants, du sang présent dans les selles et les urines. À la palpation la rate peut être enflée. Le traitement consiste en l’administration de corticostéroïdes combinés à des immunosuppresseurs. La plupart des chiens guérissent après un ou plusieurs traitements car il peut y avoir des rechutes.

 

Maladies auto-immunes moins fréquentes : lupus érythémateux systémique, arthrite rhumatoïde, pemphigus, diabète, myasthénie, démodécie. La liste continue de s’allonger car les maladies sont mieux connues, et l’origine auto-immune est plus fréquemment détectée. Des tests sont disponibles pour certaines mais pas toutes. La plupart sont contrôlable par des traitements à vie, mais certaines restent fatales. La plupart apparaissent à un âge où le chien a déjà reproduit.

La réponse naturelle à ces risques est que les éleveurs prennent conscience de l’importance du rôle de la diversité génétique dans les futurs mariages, en recherchant et conservant le plus grand nombre possible d’haplotypes différents.

 

Si un cas survient, il faut tout d’abord déculpabiliser le propriétaire et l’aider tout au long de la vie du chien.

Ensuite il faut prévenir le propriétaire de l’étalon, contacter les propriétaires de tous les chiots de la portée afin qu’il soient vigilants. Beaucoup de maladies auto-immunes répondent bien aux traitements si elles sont diagnostiquées à un stade précoce.

Rédigé par Martine Gsell

Bibliographie : Wendy HINES, "BEARDIES Past, Present, Future", Publié par "Jendie Books" Boston Lincolshire UK, 2014

Dernière mise à jour le12/10/2019